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Bottes (graisser ses)

(Rigaud, 1881) : S’apprêter à faire le grand voyage de l’autre monde.

Chié sa graisse (avoir)

(Rigaud, 1881) : Avoir considérablement maigri, — dans le jargon du peuple.

Dégraisser

(d’Hautel, 1808) : On dit figurément d’un homme que l’on a dépouillé d’une grande partie des biens qu’il avoit mal acquis, qu’on l’a bien dégraissé.

(Rigaud, 1881) : Faire perdre de l’argent. — Dégraisser le hausse, faire perdre de l’argent au patron.

(La Rue, 1894) : Voler.

Dégraisser (se)

(Delvau, 1867) : Maigrir, — dans l’argot du peuple.

Dégraisser un homme

(Delvau, 1867) : v. a. Le ruiner, — dans l’argot des petites dames, qui trouvent alors qu’il n’y a pas gras dans ses poches.

Dégraisseur

(Rigaud, 1881) : Filou, usurier, — dans le jargon des voyous. Envoyer une bobine chez le dêgraisseur voler une montre.

(Virmaître, 1894) : Le garçon de banque qui à chaque échéance vient dégraisser les débiteurs (Argot du peuple). N.

(Hayard, 1907) : Garçon de recettes.

Dégraisseurs

(Rossignol, 1901) : Garçons de recette.

Engraissé à lécher les murs (ne s’être pas)

(Rigaud, 1881) : Se dit d’une personne qui étale un de ces visages rubiconds et prospères dénotant le bien-être et les douceurs de l’existence. — La variante est : N’être pas gras d’avoir léché les murs.

Engraisser

(d’Hautel, 1808) : On n’engraisse pas les cochons avec de l’eau claire. Se dit à quelqu’un de basse condition, qui fait le délicat, le difficile sur le manger, ou qui est d’une propreté précieuse et ridicule.
Il engraisse de mal avoir, de malédictions. Pour dire, malgré le mal et les fatigues, il devient gras ; il prospère malgré les imprécations que l’on fait contre lui.
On ne sauroit manier le beurre, qu’on ne s’engraisse les doigts. Voy. Manier.
L’œil du maître engraisse le cheval. Signifie que l’œil du maître donne une grande valeur à ses possessions.

Faire dégraisser (se)

(Delvau, 1864) : Faire l’acte vénérien. Les bons coqs sont maigres, en effet.

Graisse

(d’Hautel, 1808) : La graisse ne l’étouffe pas, ne l’empêche pas de marcher. Se dit en plaisantant d’une personne très-maigre, qui marche avec vivacité.
Faire de la graisse. Dormir trop long-temps, paresser, se laisser aller à la mollesse.
Ce n’est pas le tout que des choux, il faut encore de la graisse. Se dit lorsque l’on n’a qu’une partie des choses nécessaires à une entreprise.

(Larchey, 1865) : Argent. — Il y a gras, il y a de la graisse : Il y a un bon butin à faire.

Il n’y a pas gras !

Gavarni.

(Delvau, 1867) : s. m. Variété de voleur dont Vidocq donne le signalement et l’industrie (p. 193).

(Delvau, 1867) : s. f. Argent, — dans l’argot du peuple, qui sait que c’est avec cela qu’on enduit les consciences pour les empêcher de crier lorsqu’elles tournent sur leurs gonds.

(Rigaud, 1881) : Argent. L’huile et le beurre ont également eu la même signification ; aujourd’hui ces mots ne sont plus employés que par quelques vieux débris des anciens bagnes.

Graisse (se plaindre de trop de)

(Rigaud, 1881) : Se plaindre mal à propos, se plaindre quand on ne manque de rien. Encore un qui se plaint de trop de graisse.

Graisser

(d’Hautel, 1808) : Graisser la patte à quelqu’un. Le corrompre, le gagner à force d’argent.
Graisser ses bottes. Se disposer à partir ; à voyager dans l’autre monde.

(d’Hautel, 1808) : Graisser le couteau. Manger de la viande au déjeûner, ce que l’on ne fait ordinairement qu’au dîner.
Graisser les épaules, ou la peau à quelqu’un. Le battre, lui donner une volée de coups de bâton.
Graisser le marteau d’une porte. Soudoyer, gagner un portier à force d’argent.
Graissez les bottes d’un vilain, il dira qu’on les lui brûle. Vieux proverbe qui signifie que l’on ne gagne rien à obliger un méchant homme.

(Raban et Saint-Hilaire, 1829) : Donner, contribuer, fournir, gratifier.

(Halbert, 1849) : Gratter.

(Delvau, 1867) : v. a. Gratter, — dans l’argot des voleurs.

(Virmaître, 1894) : Je vais te graisser, te battre. Graisser les poches de quelqu’un : y mettre de l’argent. Graisser sa femme : allusion au graissage de l’essieu pour que la voiture roule mieux (Argot des souteneurs).

(Rossignol, 1901) : Celui qui, enjouant, arrange les cartes de façon à avoir tout le jeu pour lui, fait de la graisse ; c’est un graisseur. On dit aussi faire du suif. Quand on dit à quelqu’un : J’te vas graisser, c’est lui dire : Je vais te flanquer des coups.

Graisser la marmite

(Larchey, 1865) : Payer sa bienvenue.

À mon régiment, M’fallut graisser la marmite, Et j’n’ai plus d’argent.

Vachelot, Chansons, 1855.

(Rigaud, 1881) : Payer sa bienvenue, — dans le jargon des troupiers. — Battre sa maîtresse, — dans le jargon des souteneurs.

Graisser la patte

(Larchey, 1865) : Remettre une somme de la main à la main, corrompre.

(Delvau, 1867) : v. a. Acheter la discrétion de quelqu’un, principalement des inférieurs, employés, concierges ou valets. On dit aussi graisser le marteau, — mais plus spécialement en parlant des concierges.

Graisser le train

(Rigaud, 1881) : Battre, donner des coups de pied au derrière. Mot à mot : graisser le train de derrière, — dans le jargon des voyous.

Graisser le vagin (se)

(Delvau, 1864) : Se faire baiser, s’oindre le con de sperme.

C’était ma femme au retour d’un voyage,
Et qui devait n’arriver que demain ;
Elle venait consoler mon veuvage,
Et pour cela se graissait le vagin.

Anonyme.

Graisser les bottes

(Delvau, 1867) : v. a. Donner des coups à quelqu’un, — dans l’argot des faubouriens. Signifie aussi : Faire des compliments à quelqu’un, le combler d’aise en nattant sa vanité.

(Virmaître, 1894) : Mourir. L. L. Graisser les bottes : l’extrême-onction. Mot à mot : graisser les bottes pour le voyage lointain (Argot du peuple). N.

Graisser les roues

(Rigaud, 1881) : Boire, — dans le jargon du peuple. Quand on graisse les roues, ça accélère le mouvement… des ivrognes.

Graisser sa punaise

(Delvau, 1864) : Baiser sa maîtresse.

Je lui en veux : il a graissé ma punaise.

A. Pothey.

Graisser ses bottes

(Larchey, 1865) : Se préparer au départ, et au figuré : Être près de mourir.

(Delvau, 1867) : v. a. Recevoir l’Extrême-Onction, être en état de faire le grand voyage d’où l’on ne revient jamais.

(Rigaud, 1881) : Être à l’article de la mort. Mot à mot : graisser ses bottes pour accomplir le grand voyage.

(La Rue, 1894) : Mourir.

Grécer, Graisser

(Rigaud, 1881) : Tricher. Être grécé, être volé au jeu.

Péter de graisse

(Rigaud, 1881) : Être très gras. Et la variante : Péter dans sa peau.

Rangraisser, rengracier

(Halbert, 1849) : Se taire, renoncer.

Travailler, tripoter, graisser le carton

(Larchey, 1865) : Jouer aux cartes. — Maquiller le carton : Faire sauter la coupe.

Voler à la graisse

(Larchey, 1865) : Se faire prêter sur des lingots d’or et sur des diamants qui ne sont que du cuivre et du strass. (Vidocq).


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