AccueilA B C D E F G H I J K L M N O ΠP Q R S T U V W X Y ZLiens

courriel

un mot au hasard

Dictionnaire d’argot classique
Argot classique
le livre


Facebook

Share

Russe-français
Russisch-Deutsch
Rusianeg-Brezhoneg
Russian-English
Ρώσικα-Ελληνικά
Russo-italiano
Ruso-español
Rus-român
Orosz-Magyar
Ruso-aragonés
Rusice-Latine
Французско-русский
Немецко-русский
Бретонско-русский
Französisch-Deutsch
Allemand-français
Блатной жаргон
Soldatensprachführer
Военные разговорники

Entrez le mot à rechercher :
  Mots-clés Rechercher partout 


À la bonne (prendre une chose)

(France, 1907) : La prendre de bonne humeur ; faire contre fortune bon cœur. Avoir quelqu’un à la bonne se dit pour aimer.

Abondance

(d’Hautel, 1808) : L’abondance. On appelle ainsi dans les pensions, la boisson que l’on sert aux écoliers pendant leurs repas.
Abondance de biens ne nuit pas. Signifie que quelque bien que l’on possède, on est toujours disposé à recevoir encore celui qui peut arriver.
Parler d’abondance de cœur. Parler avec facilité et sans préparation ; se décharger le cœur ; dire franchement à quelqu’un le sujet de ses peines.
De l’abondance du cœur la bouche parle. Signifie qu’il est difficile de ne pas bien parler d’une chose dont le cœur est plein.

Abonder

(d’Hautel, 1808) : Abonder dans le sens de quelqu’un. Le flatter, entrer dans ses idées, quoiqu’on ne les approuve pas, ainsi que le pratiquent les adulateurs et les courtisans. En style familier, Abonder en son sens, signifie montrer de l’opiniâtreté dans ses opinions.

Abonné au guignon

(Virmaître, 1894) : Déveine persistante, qu’aucun effort ne peut conjurer. On dit aussi : « Il a si peu de chance qu’il se noierait dans un crachat » (Argot du peuple).

(France, 1907) : Malchanceux, pauvre diable poursuivi par la déveine.

Abonné au guignon (être)

(Delvau, 1867) : Être poursuivi avec trop de régularité par la déveine. Argot des faubouriens.

Abonnir

(d’Hautel, 1808) : Devenir meilleur. Le peuple dit rabonnir. Ce barbarisme est très fréquent.

Ah ! Le bon billet qu’a La Châtre !

(France, 1907) : Le jeune marquis de La Châtre aimait éperdument la fameuse Ninon de Lenclos. Il reçut l’ordre de rejoindre son régiment et ne pouvait se consoler d’être obligé de quitter sa maitresse. Ce qui le désolait le plus était la pensée qu’elle pouvait lui être infidèle : elle avait beau lui jurer une éternelle constance, ses serments ne le rassuraient que peu, lorsque enfin une idée lumineuse lui vint en l’esprit, ce fut d’exiger de Ninon qu’elle s’engageât par écrit à lui rester fidèle. Peut-être avait-il connaissance du vieux proverbe latin : « Verba volant, scripta manent. »
Ninon consentit bien vite à donner par écrit tous les serments imaginables et jura sur le papier ce qu’elle avait juré par paroles. Le marquis mis le billet comme un talisman sur son cœur et s’en alla tranquillisé.
Deux jours après son départ ou peut-être le soir même, Ninon qui se trouvait dans les bras d’un nouvel amant se mit tout à coup à rire, et comme l’heureux successeur du naïf marquis lui en demandait l’explication, elle redoubla de gaité, s’écriant à plusieurs reprises : Ah ! le bon billet qu’a La Châtre ! Ah ! le bon billet qu’a La Châtre !
Cette saillie de la célèbre courtisane est devenue proverbiale et il n’est peut-être pas de mot qui ait été cité davantage pour exprimer le peu de solidité de certaines promesses sur lesquelles on compte sans aucune raison.

Aller au bonheur

(Delvau, 1864) : Jouir en baisant, parvenir à la félicité suprême. — Cette expression, une des plus justes de la langue érotique moderne, est précisément celle qui se lisait comme enseigne sur les bordels de Pompéï : Hic habitat felicitas.

Tu as donc envie d’aller au bonheur, mon petit homme !

Lemercier de Neuville.

Aller son petit bonhomme de chemin

(Delvau, 1867) : Aller doucement ; se conduire prudemment — pour aller longtemps.

Attelage (un bon)

(Merlin, 1888) : Une bonne paire d’amis, chez les cavaliers.

Au bonjour

(Halbert, 1849) : Voler le matin pendant le sommeil.

Avoir à la bonne

(Clémens, 1840) : Aimer.

(M.D., 1844) : Aimer.

(Delvau, 1867) : v. a. Avoir de l’amitié ou de l’amour pour quelqu’un. Argot du peuple.

Avoir à la bonne, avoir dans le sang

(La Rue, 1894) : Aimer.

Avoir à sa bonne

(Delvau, 1864) : Avoir de l’amour pour…

Surtout, p’tit cochon,
N’ fais pas l’ paillasson :
Je sais qu’ t’as Clarisse à la bonne ;
Mais dis-lui d’ ma part
Qu’ell’ craign’ le pétard…

A. Dumoulin.

Avoir des bontés

(Delvau, 1864) : Employé dans un sens obscène pour accorder ses faveurs à un homme.

Tu as eu des bontés pour lui, ça prouve ton bon cœur.

Voisenon.

Une femme sensible se décide difficilement à laisser pendre un homme pour qui elle a eu des bontés.

Pigault-Lebrun.

Ayez des bontés pour moi, et mademoiselle Hortense est mariée.

H. De Balzac.

Avoir quelqu’un à la bonne

(Virmaître, 1894) : Être très camarade, ne jamais se quitter, vivre comme deux frères (Argot du peuple).

Avoir un bon doigté

(Delvau, 1864) : Savoir peloter habilement les couilles d’un homme ; faire à merveille la patte d’araignée.

Baignoire à bon Dieu

(Delvau, 1867) : s. f. Calice, — dans l’argot des voyous.

Baignoire à bon dieu

(Virmaître, 1894) : Le calice. Cette figure peint bien l’hostie consacrée baignant dans le saint-ciboire (Argot des voleurs).

Baignoire à bon Dieu

(France, 1907) : Le calice.

Baignoire à Bon-Dieu

(Rigaud, 1881) : Calice.

Beribono

(France, 1907) : Nigaud.

Berribono

(Delvau, 1867) : s. m. Homme facile à duper, — dans l’argot des voleurs. Ils disent aussi Béricain.

(Rigaud, 1881) : Naïf, — dans le jargon des voleurs.

Bête à bon dieu

(Virmaître, 1894) : V. Bête à pain.

(France, 1907) : Personne bonne et inoffensive.

Bibassier, bibon, birbe, birbette

(La Rue, 1894) : Vieux.

Bibon

(Clémens, 1840) : Vieux.

(M.D., 1844) : Vieux homme.

(un détenu, 1846) : Vieux, vieil.

(Delvau, 1867) : s. m. Vieillard qu’on ne respecte pas, parce qu’il ne se respecte pas lui-même. C’est une corruption péjorative du mot barbon.

(France, 1907) : Vieil homme méprisable.

Birbe, birbette, birbon

(France, 1907) : Vieillard.

Les dames des tables d’hôte ont adopté trois mots pour peindre la vieillesse ; à cinquante ans, c’est un birbon ; à soixante ans c’est un birbe ; passé ce délai fatal, c’est une birbette. On ne lui fait plus même les honneurs du sexe masculin.

(Lép Lespès.)

Un vieux birbon voyait maigrir sa femme. Le médecin fut mandé promptement.
— Vous êtes grosses ? et de combien, madame ?
— Hélas ! monsieur, d’une fois seulement.

(A. Glatigny.)

Tu me verrais moins honteux,
Si je te savais un homme
Jeune et comme
N’est pas ce birbe piteux.

Birbe, birbon, birbette

(Larchey, 1865) : « Les dames des tables d’hôte ont adopté trois mots pour peindre la vieillesse : à cinquante-cinq ans, c’est un birbon ; à soixante ans, c’est un birbe ; passé ce délai fatal, c’est une birbette. »

Lespès.

Vidocq donne un quatrième synonyme : birbasse. — Birbe dabe : grand-père. — Birbasserie : vieillerie. — Id.

Bobonne

(Rigaud, 1881) : Bonne, servante.

Tout au plus si les petits garçons qui marchaient en tête risquèrent une observation sur la bobonne d’Emma.

(Ed. About, Trente et quarante, 1865.)

(France, 1907) : Servante, bonne d’enfants.

Aux bobonnes tu souriras
Et leur feras du boniment.

(E. Blédort)

Bon

(d’Hautel, 1808) : Il est bon, mais c’est quand il dort. Se dit par plaisanterie, en parlant d’un enfant turbulent, espiègle et difficile à conduire.
Il est bon par où je le tiens. Se dit à-peu-près dans le même sens, pour exprimer qu’un enfant a la mine trompeuse ; qu’il est plus dégoisé qu’il le paroît.
Il est bon là. Manière ironique qui équivaut à, il est sans façon, sans gêne ; je l’aime encore bien de cette façon.
Il est bon là. Signifie aussi, il est bien capable de faire face à cette affaire ; il est bon pour en répondre.
Il est si bon qu’il en pue ; il est si bon qu’il en est bête. Se dit trivialement et incivilement d’une personne foible et pusillanime, et qui n’inspire aucun respect.
Il est bon comme du bon pain. Se dit d’une personne qui, par défaut de jugement, ou par foiblesse, se laisse aller à toutes les volontés.
Les bons pâtissent pour les mauvais. Signifie que les innocens portent souvent la peine des coupables.
Les bons maîtres font les bons valets. C’est-à-dire qu’il faut que les maîtres donnent l’exemple de la douceur et de la complaisance à leurs domestiques.
Quand on est trop bon le loup vous mange. Signifie qu’un excès de bonté est toujours nuisible.
À tout bon compte revenir. Veut dire qu’entre honnêtes gens, erreur ne fait pas compte.
Jouer bon jeu bon argent. Jouer loyalement, franchement.
Faire bonne mine et mauvais jeu. Dissimuler les peines, les chagrins que l’on ressent ; le mauvais état de ses affaires.
Avoir bon pied bon œil. Être frais, gaillard et dispos ; prendre garde à tout.
Faire le bon valet. Faire plus que l’on ne commande ; flatter, carresser quelqu’un pour gagner ses faveurs, et en tirer avantage.
Il a une bonne main pour chanter et une bonne voix pour écrire. Raillerie qui signifie qu’une personne n’est habile dans aucun de ces arts.
À bon chat bon rat. Se dit lorsque dans une affaire, un homme fin et subtil rencontre un adversaire aussi rusé que lui.
Ce qui est bon à prendre est bon à rendre. Se dit de ceux qui, provisoirement, et sous un prétexte quelconque, s’emparent du bien d’autrui, sauf à le restituer ensuite, s’il y a lieu. Le peuple, traduit ainsi ce proverbe : Ce qui est bon à prendre est bon à garder, parce qu’on ne rend jamais, ou du moins bien rarement, ce dont on s’est emparé.
Bon jour, bon œuvre. Veut dire que les gens vertueux saisissent l’occasion des grandes fêtes pour faire de bonnes actions ; et les méchans pour commettre leurs crimes.
Mettre quelqu’un sur le bon pied. C’est-à-dire, ne pas lui laisser prendre d’empire sur soi, en agir librement avec lui.
À quelque chose malheur est bon. Signifie que souvent d’un accident il résulte un grand bien.
N’être bon ni à rôtir ni à bouillir ; n’être bon à aucune sauce. C’est n’être propre à aucun emploi ; n’être bon à rien.
Il n’est pas bon à jeter aux chiens. Se dit d’un homme contre lequel on a conçu une grande animadversion ; ou qui, d’une haute faveur, est tombé tout-à-coup dans la disgrace la plus complète.
Tout cela est bel et bon, mais l’argent vaut mieux. Se dit à ceux qui allèguent des excuses, des prétextes, pour ne point remplir leurs engagemens.
Un bon Gaulois. Pour dire un homme qui tient aux anciennes modes, aux anciens usages.
S’expliquer en bon Français. C’est parler ouvertement, sans rien déguiser.
Une bonne fuite vaut mieux qu’une mauvaise attente.
C’est un bon diable ; un bon garçon ; un bon enfant ; un bon vivant ; un bon luron.
Termes familiers, qui se prennent communément en bonne part, à l’exception cependant du second et du troisième, qui s’emploient quelquefois dans un sens ironique.
Après bon vin bon cheval. Signifie que quand on a fait bonne chère, on se remet en route plus aisément.
Faire bon pour quelqu’un. S’engager à payer pour lui, se rendre sa caution.
Trouver bon ; coûter bon. Approuver tout ; payer quelque chose fort cher.
Tenir bon. C’est résister avec courage et fermeté.
Se fâcher pour tout de bon. Bouder, être sérieusement fâché.
On ne peut rien tirer de cet homme que par le bon bout. C’est-à-dire, que par la rigueur, par les voies judiciaires.
C’est un bon Israélite. Se dit par raillerie d’un homme simple et dénué d’esprit.
Rester sur la bonne bouche. C’est-à-dire, sur son appétit ; ne pas manger selon sa faim.
Faire bonne bouche. Flatter, endormir quelqu’un par de belles paroles.
Garder une chose pour la bonne bouche. La réserver pour la fin, comme étant la plus agréable et la plus facile.
C’est bon et chaud. Pour exprimer que ce que l’on mange est brûlant.
Mon bon. Ma bonne. Noms caressans et flatteurs que les bourgeoises de Paris donnent à leurs maris. Les personnes de qualité se servent aussi de ces mots, par bienveillance ou par hauteur, en parlant à leurs inferieurs.

(Larchey, 1865) : Bon apôtre, hypocrite.

Vous n’êtes bons ! vous… N’allons, vous n’avez fait vos farces !

Balzac.

(Delvau, 1867) : s. m. Homme sur lequel on peut compter, — dans l’argot du peuple, à qui l’adjectif ne suffisait pas, paraît-il.

(Rigaud, 1881) : Agent des mœurs, — dans l’argot des filles et des voleurs. Le bon me fiole, l’agent des mœurs me dévisage.

(Boutmy, 1883) : s. m. Épreuve sur laquelle l’auteur a écrit : Bon à tirer, c’est-à-dire bon à imprimer. Cette épreuve est lue une dernière fois, après l’auteur, par le correcteur en seconde ou en bon.

(La Rue, 1894) : Homme bon à voler. Agent des mœurs. Le bon me fiole, l’agent me regarde. Avoir bon, prendre en flagrant délit.

(France, 1907) : Naïf, bon à voler. Être le bon, être arrêté à bon escient ; vous êtes bons, vous, vous êtes un farceur ; bon jeune homme, garçon candide ; être des bons, avoir bonne chance ; il est bon, il est amusant ; c’est un bon, c’est un homme sur lequel on peut compter. Bon endroit, le derrière, le podex.

Elle reçut un maître coup de soulier juste au bon endroit.

(Zola.)

Bon pour Bernard, bon pour les cabinets d’aisance.

Bon (avoir du)

(Rigaud, 1881) : Avoir de la composition non portée sur son bordereau et qu’on garde, pour la compter à la prochaine banque. C’est le contraire du salé. (Boutmy.)

(Boutmy, 1883) : v. Avoir de la composition non portée sur son bordereau, et qu’on garde pour la compter à la prochaine banque. C’est le contraire du salé.

Bon (c’est un)

(Rigaud, 1881) : C’est un bon républicain, c’est un pur. L’expression était à la mode en 1848.

Bon (c’est)

(Rigaud, 1881) : En voilà assez, inutile d’en dire davantage.

Bon (être)

(Rossignol, 1901) : S’il y a des preuves matérielles sur un individu arrêté, il est inutile qu’il aille à Niort, il est monsieur Le Bon.

Bon à nib

(Virmaître, 1894) : Paresseux. Mot à mot : bon à rien (Argot des voleurs).

Bon cheval de trompette

(Delvau, 1867) : s. m. Homme qui ne s’effraye pas aisément, dans l’argot du peuple.

(France, 1907) : Homme difficile à effrayer ; argot populaire.

Bon coq n’est jamais gras

(France, 1907) : C’est la traduction libre du proverbe latin : Pinquia corpora Veneri inepta (les gras sont impropres au service de Vénus). Inutile d’insister sur ce proverbe, mais les eunuques des harems comme les soprani de Saint-Pierre de Rome sont tous d’un remarquable embonpoint.

Bon Dieu

(Delvau, 1867) : s. m. Sabre, — dans l’argot des fantassins.

(France, 1907) : Sabre-poignard, à cause de la croix figurée par la lame et la poignée.

Bon endroit

(Rigaud, 1881) : Derrière. (L. Larchey) Attraper au bon endroit, donner du pied au derrière.

Bon là (être)

(Rigaud, 1881) : Être capable, être bon ouvrier, — dans le jargon des ateliers. — Être des bons, être classé parmi les bons ouvriers, parmi les meilleurs. Au dix-huitième siècle, pour désigner quelqu’un de solide, on disait : Il est des bons.

Bon motif

(Larchey, 1865) : « Vous ne savez pas ce que c’est que le bon motif ? — Ah ! vous voulez dire un mariage ? — Précisément. » — Aycard.

(Delvau, 1867) : s. m. Mariage, — dans l’argot des bourgeois.

(Rigaud, 1881) : Mariage, — dans le jargon des bourgeois. Faire la cour pour le bon motif, viser au mariage.

Ce ne peut pas être pour le bon motif.

(E. Augier, Les Fourchambault, 1878.)

(France, 1907) : Mariage. Courtiser pour le bon motif, expression populaire et bourgeoise, comme si les unions libres étaient nécessairement pour un mauvais motif.

— Tu sais, ma fille, pas de ça ! Ton nom n’est pas effacé des registres, et du jour où je te pince avec Casimir, tu pourras faire ton paquet pour chez la mère Lefèvre.
Mademoiselle Juliette se le tint pour dit, et, douée d’un esprit pratique, elle arrêta le gendarme au troisième baiser, en lui demandant si c’était pour le bon motif, et, sur sa réponse affirmative, on alla jusqu’au dernier mot de la conversation intime.
— Bon motif ? s’écria Fumeron, excellent ; pas de meilleur !

(Hector France, Marie Queue-de-Vache.)

Bon nez

(Delvau, 1867) : s. m. Homme fin, qui devine ce qu’on veut lui cacher, au figuré, ou qui, au propre, devine qu’un excellent dîner se prépare dans une maison où il s’empresse d’aller — quoique non invité. C’est l’olfacit sagacissime de Mathurin Cordier.

Bon numéro

(Larchey, 1865) : « Deux papas très-bien, ce sont deux papas d’un bon numéro. Comprenez-vous ? — Pas trop. — Deux pères parfaitement ridicules en leur genre. » — Th. Gautier.

Bon poète, mauvais homme

(France, 1907) : Ce dicton est du XVIe siècle. Il est évident que, pour le vulgaire, le poète planant au-dessus des choses de la vie et négligeant ses intérêts matériels pour s’occuper des divines chimères ne peut être qu’un homme dont la compagnie n’est pas à désirer. Le proverbe dit aussi vicieux, au lieu de mauvais.

Bon pour Bernard

(Rigaud, 1881) : Imprimé, journal, papier quelconque qui ne finira pas dans la hotte du chiffonnier, c’est-à-dire : bon pour les lieux d’aisances.

Bon pour cadet !

(Delvau, 1867) : Se dit d’une lettre désagréable ou d’un journal ennuyeux que l’on met dans sa poche pour servir de cacata charta. C’est l’histoire du sonnet d’Oronte.

Bon premier

(Fustier, 1889) : Argot de courses. Un cheval arrive bon premier quand il a fourni la course bien avant ses concurrents. Il est bon dernier quand il arrive non seulement le dernier, mais encore avec un retard considérable sur les autres chevaux.

Bon premier (arriver)

(France, 1907) : Se montrer supérieur ; terme emprunté au jargon des courses.

Bon sang de bon sang !

(Rigaud, 1881) : Autre exclamation poussée en apprenant une nouvelle surprenante. (L. Larchey)

Bon sort de bon sort (sacré) !

(Rigaud, 1881) : Exclamation qui exprime le désappointement ou la colère. La variante est : Coquin de bon sort !

Bon-dieu

(Larchey, 1865) : Sabre-poignard ; allusion à la croix figurée par la lame et la poignée.

Bon-Dieu

(Fustier, 1889) : « On m’avait réservé la copie d’un petit état récapitulatif des corvées du jour, dont j’avais à faire une douzaine d’exemplaires. J’en avais pour trois quarts d’heure environ… Cela s’appelait des bon-dieu. Je n’ai jamais pu savoir pourquoi. »

(A. Humbert : Mon bagne.)

Bon-dieu (il n’y a pas de)

(Larchey, 1865) : Mot à mot il n’y a pas de bon Dieu qui puisse l’empêcher.

Gn’y a pas d’Bon-Dieu, Faut s’dire adieu.

Désaugiers.

Bonaparteux

(Rigaud, 1881) : Bonapartiste, — dans le jargon des adversaires politiques des bonapartistes.

Bonasse

(d’Hautel, 1808) : Mot dérisoire, pour dire d’une crédulité, d’une foiblesse extrême, d’une bonté qui va jusqu’à la bêtise.

Bonbon

(d’Hautel, 1808) : Mot d’enfant, pour dire, sucreries, dragées, friandises.

(France, 1907) : Bouton sur la figure.

Bonbon à liqueur

(Rigaud, 1881) : Furoncle, bouton pustuleux. — Bonbon anglais, petit bouton sec, — dans le jargon des voyous.

Bonbon à liqueurs

(Virmaître, 1894) : Bouton qui suinte constamment une humeur liquide. Individu qui a des écrouelles (Argot du peuple). N.

Bonbonnière

(Rigaud, 1881) : Tinette à vidange, — dans le jargon des vidangeurs.

(Rigaud, 1881) : Élégante petite chambre, petit appartement meublé avec goût. — Élégante petite salle de spectacle où l’on croque des bonbons aux avant-scènes et des sucres d’orge aux galeries.

(Virmaître, 1894) : Tonneau de vidange. Allusion, sans doute, à ce qu’en l’ouvrant on prend une prise. Dans le peuple on dit d’un vidangeur qu’il en prend plus avec son nez qu’avec une pelle (Argot du peuple).

(France, 1907) : Tonneau de vidange.

Bonbonnière à filous

(Delvau, 1867) : s. f. Omnibus, — dans l’argot des voyous, qui savent mieux que personne avec quelle facilité on peut barboter dans ces voitures publiques.

(Rigaud, 1881) : Omnibus. (Colombey.)

(Virmaître, 1894) : Omnibus. Les voyageurs sont serrés, le vol à la tire est facile ; il y a des voleurs qui n’ont que la spécialité de voler les morlingues en bonbonnière (Argot des voleurs). N.

(France, 1907) : Omnibus. (Charles Virmaître.)

Bonbons à liqueurs

(Rossignol, 1901) : Traces de scrofules sur le visage.

Elle est blécharde, elle a des bonbons à liqueurs autour de la tirelire.

Bond

(d’Hautel, 1808) : Prendre la balle au bond. Saisir une occasion favorable aussitôt qu’elle se présente ; prendre tout au pied de la lettre.
Faire faux bond. Manquer à ses promesses, à sa parole, à son honneur ; faire banqueroute.
Autant de bond que de volée. C’est-à-dire, tant d’une manière que de l’autre.
Faire les choses du second bond. Agir de mauvaise grâce ; se faire redire plusieurs fois la même chose.

Bonde

(d’Hautel, 1808) : Lâcher la bonde à ses larmes. Pour, donner un libre cours à ses pleurs ; pleurer sans contrainte.

(Halbert, 1849) : Maladie de Naples.

(Fustier, 1889) : Maison centrale.

Il a filé deux ou trois berges aux bondes.

(A. Humbert : Mon bagne.)

(Virmaître, 1894) : Prison Centrale. Dans les prisons, le fromage réglementaire est le bondon, sorte de fromage rond qui se fabrique à Neufchâtel. La portion, une moitié, se nomme un système. Par corruption, on a fait bonde (Argot des voleurs).

(Hayard, 1907) : Prison centrale.

(France, 1907) : Prison centrale ; argot des voleurs, qui disent aussi centrousse ou centrousse aux bondes, sans doute à cause des fromages de Neufchâtel, appelés bondons.

Bondes (aux)

(La Rue, 1894) : Maison centrale.

Bondieusard

(Rigaud, 1881) : Marchand d’objets de dévotion. Le quartier St-Sulpice est peuplé de bondieusards. — Enlumineur d’images de sainteté.

Un bondieusard habile pouvait faire ses six douzaines en un jour. Un bondieusard passable, ni trop coloriste ni trop voltairien, pouvait gagner son salut dans l’autre monde et ses quarante sous dans celui-ci.

(J. Vallès, Les Réfractaires.)

Le mot a été créé par Gustave Courbet, qui l’employait souvent pour désigner soit un peintre de sujets religieux, soit un de ces peintres qui semblent s’inspirer des enlumineurs d’estampes. Par extension les libres-penseurs donnent du « bondieusard » à quiconque croit en Dieu, à quiconque fait montre de sentiments religieux.

(France, 1907) : Marmotteur de prières ; fabricant ou marchand d’objets de sainteté.

Bondieusarderie

(Rigaud, 1881) : Dévotion, pratique religieuse, hommage à la religion, — dans le jargon des libres-penseurs.

Bondieusardisme

(France, 1907) : Cagotisme, hypocrisie religieuse.

On demandait à une fille en pleine maturité, atteinte, comme beaucoup, de bondieusardisme, pourquoi elle déployait pour aller à la messe un si grand luxe de jupons blancs ornés de dentelles et des bas de soie bien tirés sur le mollet…
— Que voulez-vous, répondit la dévote, par ce temps de perdition, ces précautions sont indispensables… On peut rencontrer un… insolent. Il trouverait le tout propre, le dessous comme le dessus.

Bondieuserie

(Rigaud, 1881) : Métier du bondieusard. — Commerce d’objets de sainteté, — dans le jargon des peintres réalistes.

C’étaient ces nombreuses boutiques, ces innombrables bondieuseries, dont la rue est pleine.

(Huysmans, Les sœurs Vatard, 1879.)

(France, 1907) : Objets de dévotion.

Bondieutisme

(Rigaud, 1881) : Pratique religieuse intermittente à l’usage des gens frileux.

J’en ai connu plusieurs qui, à l’époque des grands froids, se réfugiaient dans les bras de la religion, près du réfectoire, autour du poêle. Ils engraissaient là dans l’extase ! Quand ils avaient deux mentons, et qu’ils voyaient à travers les barreaux de la cellule revenir les hirondelles, ils sortaient et allaient prendre l’absinthe au caboulot.

(J. Vallès, Les Réfractaires.)

Bondir

(d’Hautel, 1808) : Faire bondir le cœur. Être transporté de joie ; cette locution exprime aussi l’aversion, la répugnance qu’on a pour quelque chose que l’on ne peut aborder sans éprouver un soulèvement d’estomac.

Bondon

(Delvau, 1864) : Employé dans un sens obscène pour désigner le membre viril.

À peine sont-elles aussi grandes qu’un tonneau qu’elles veulent avoir le bondon.

Tabarin.

C’est mon tonneau, j’en porte le bondon.

Voltaire.

(France, 1907) : Bâton avec lequel on plante des enfants… Vieux style.

À peine nos filles sont-elles aussi hautes qu’un tonneau, qu’elles veulent avoir le bondon.

(Tabarin.)

Bondy (refouler à)

(Rigaud, 1881) : Envoyer promener quelqu’un d’autant plus grossièrement que c’est à Bondy qu’on refoule l’engrais parisien.

Bondy-sous-Merde

(Delvau, 1867) : n. de l. Le village de Bondy, à cause du dépotoir. Argot des faubouriens. Autrefois on disait Pantin-sur-Merde.

Bonheur, aller au bonheur

(Delvau, 1864) : Employé dans un sens obscène pour désigner l’acte vénérien.

Il ne répondit aux reproches qu’on lui faisait qu’en achevant son bonheur.

Diderot.

Bonhomme

(d’Hautel, 1808) : Un petit bonhomme. Un nabot ; un marmouset ; un bamboche. Au pluriel des petits bonshommes, (bonzommes) et non des bonhommes, comme on le dit fréquemment parmi le peuple.

(Larchey, 1865) : Saint (Vidocq). — Allusion aux statuettes qui peuplent les églises.

(Delvau, 1867) : s. m. Saint, — dans l’argot des voleurs, et du peuple.

(Rigaud, 1881) : Personnage, statue de saint, en terme d’atelier. Votre bonhomme n’est pas d’aplomb.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique