AccueilA B C D E F G H I J K L M N O ΠP Q R S T U V W X Y ZLiens

courriel

un mot au hasard

Dictionnaire d’argot classique
Argot classique
le livre


Facebook

Share

Russe-français
Russisch-Deutsch
Rusianeg-Brezhoneg
Russian-English
Ρώσικα-Ελληνικά
Russo-italiano
Ruso-español
Rus-român
Orosz-Magyar
Ruso-aragonés
Rusice-Latine
Французско-русский
Немецко-русский
Бретонско-русский
Französisch-Deutsch
Allemand-français
Блатной жаргон
Soldatensprachführer
Военные разговорники

Entrez le mot à rechercher :
  Mots-clés Rechercher partout 


Anglais

(Clémens, 1840) : Créancier.

(Delvau, 1864) : Noble étranger, fils de la perfide Albion ou de la rêveuse Allemagne, qui consent à protéger de ses guinées une femme faible — de vertu — pendant toute la durée de son séjour à Paris.

Amélie ne te recevra pas, Polyte : elle est avec son Anglais.

Watripont.

(Larchey, 1865) : Créancier. — Le mot est ancien, et nous sommes d’autant plus porté à y voir, selon Pasquier, une allusion ironique aux Anglais (nos créanciers après la captivité du roi Jean) que les Français se moquaient volontiers autrefois de leur redoutable ennemi. C’est ainsi que milord est employé ironiquement aussi. Nous en trouvons trace dans Rabelais.

Assure-toi que ce n’est point un anglais.

Montépin.

Et aujourd’hui je faictz solliciter tous mes angloys, pour les restes parfaire et le payement entier leur satisfaire.

Crétin.

Les anglais sont débarqués. — Dans une bouche féminine, ces mots sont un équivalent de : J’ai mes affaires V. ce mot. — L’allusion est sanglante pour ceux qui connaissent la couleur favorite de l’uniforme britannique.

Il est aussi brave
Que sensible amant,
Des Anglais il brave
Le débarquement.

Chansons, impr. Chastaignon, Paris, 1851.

(Delvau, 1867) : s. m. Créancier, — dans l’argot des filles et des bohèmes, pour qui tout homme à qui l’on doit est un ennemi.
Le mot est du XVe siècle, très évidemment, puisqu’il se trouve dans Marot ; mais très évidemment aussi, il a fait le plongeon dans l’oubli pendant près de trois cents ans, puisqu’il ne parait être en usage à Paris que depuis une trentaine d’années.

(Delvau, 1867) : s. m. Entreteneur, — dans l’argot des petites dames, qui donnent ce nom à tout galant homme tombé dans leurs filets, qu’il soit né sur les bords de la Tamise ou sur les bords du Danube. Elles ajoutent à leur manière des pages nombreuses à notre livre des Victoires et Conquêtes.

(Rigaud, 1881) : Créancier. Avoir un tas d’anglais à ses trousses. Par suite d’une vieille antipathie de race, le débiteur a octroyé au créancier le surnom d’anglais, ennemi.

(Rigaud, 1881) : Menstrues. Allusion à l’uniforme rouge des soldats anglais. — Avoir ses anglais. Les anglais sont débarqués.

(Fustier, 1889) : Terme de sport. On dit qu’un cheval a de l’anglais lorsque sa conformation se rapproche de celle du cheval anglais de pur sang.

(Virmaître, 1894) : Créancier. Cette expression se trouve dans Marot, elle était tombée en désuétude lorsqu’elle revit le jour vers 1804. Napoléon Ier avait plusieurs commis attachés à un cabinet spécial. Il remarqua à différentes reprises que l’un d’eux arrivait depuis quelques matins, deux heures au moins avant ses collègues. L’empereur intrigué lui en demanda les motifs.
— Sire, répondit le commis c’est à cause des anglais.
— Je ne vous comprends pas.
— Sire, les anglais sont vos ennemis, mes créanciers sont les miens.
— Bien, fit l’Empereur, donnez m’en la liste, je vous en débarrasserai, comme moi des autres.
Le mot est resté et est employé fréquemment (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Créancier.

Ne passons pas devant ce troquet, c’est un Anglais, je lui ai planté un drapeau.

(France, 1907) : Ce nom est employé dans le sens de créancier. Est-ce parce que, comme le dit Alfred Delvau, tout individu à qui l’on doit est considéré comme un ennemi ? Ce serait alors un signe de la vieille haine contre nos voisins d’Outre-Manche, haine d’ailleurs partagée par eux, car le mot remonte fort loin. Suivant Pasquier, il viendrait des réclamations continuelles des Anglais qui prétendaient que la rançon du roi Jean fait prisonnier à la bataille de Poitiers, en 1356, et fixée à trois millions d’écus d’or par le traité de Brétigny, n’avait pas été entièrement payée. Oudin, dans ses Curiositez françoises cite ce proverbe : « Il y a des Anglois dans cette rue, je n’y veux pas aller », c’est-à-dire des créanciers. Enfin on trouve dans Clément Marot :

Oncques ne vis Anglois de votre taille,
Car a tout coup, vous criez baille, baille !

— Menstrues, argot des filles ; allusion à la couleur de l’uniforme des fantassins anglais qui ont, à l’inverse des nôtres, la tunique rouge et le pantalon bleu : Les Anglais ont débarqué, les menstrues sont venues.

Anglais ?

(Rossignol, 1901) : Penses-tu que les Boërs auront le dessus. — Mon cher, pas possible, les Anglais sont débarqués.

Anglais (avoir ses)

(Delvau, 1864) : Avoir ses menstrues, à cause de la couleur rouge de cet écoulement, qui est aussi la couleur de l’uniforme anglais.

Puis de son corps couvrant ma mère,
Dans le sang des Anglais baigné,
Que de coups a tirés mon père
Dans la montagne où je suis né.

(Chanson anonyme moderne.)

(Delvau, 1867) : Avoir ses menses, — dans l’argot des filles, qui font ainsi allusion à la couleur de l’uniforme des soldats d’Albion. Elles disent aussi : Les Anglais ont débarqué.

Anglais (ils débarquent)

(Virmaître, 1894) : Il est aussi brave, Que sensible amant. Des anglais il brave, Le débarquement. (Argot du peuple), V. Bande sur l’affiche.

Anglais à prunes

(France, 1907) : Voyageur économe, argot des restaurateurs et des hôteliers, parce que, vu le haut prix où sont généralement taxés les fruits, il se contente de quelques prunes. On dit aussi Anglais de carton.

Anglais ont débarqué (les)

(Delvau, 1864) : Les menstrues ont fait leur apparition.

Il n’y a pas moyen ce soir, mon chéri : les Anglais ont débarqué.

Lynol.

Anglais, (voir les)

(La Rue, 1894) : Époques de la femme.

Anglaise

(Delvau, 1867) : s. f. Écot, part de chacun dans une affaire ou dans on dîner. Argot des saltimbanques. Faire une anglaise. Payer chacun son écot.

(Delvau, 1867) : s. f. Jeu de gouapeurs qui consiste à jeter les sous de chacun et à garder pour soi les faces ; un second prend les piles qui restent et rejette, etc. Jouer à l’anglaise. Jouer aux sous.

(Rigaud, 1881) : Jeu de sous à pile ou face, jeu favori des voyous.

Anglaise (faire une)

(Rigaud, 1881) : Se cotiser pour aller boire bouteille chez le marchand de vin, — dans le jargon des ouvriers. — C’est ce que les Italiens appellent faire une Romaine, se régaler à la Romaine.

Anglaise (pisser à l’)

(La Rue, 1894) : S’éloigner sous un prétexte quelconque et ne pas revenir.

Anglaise (s’esbigner à, pisser à l’)

(Rigaud, 1881) : Quitter une société sans rien dire à personne. Cela évite des salutations et des serrements de main qui n’en finiraient plus.

Anglaises

(France, 1907) : Écot. La part qu’apporte chacun dans une affaire ou dans un dîner. Danser à l’anglaise, donner un faux prétexte. Filer ou pisser à l’anglaise, s’esquiver sans payer ou sans mot dire, compliment que les Anglais nous retournent en disant dans le même sens : Prendre un congé français.

Elle avait demandé à son vieux trois sous pour un petit besoin et le vieux l’attendait encore. Cela s’appelle pisser à l’anglaise.

(É. Zola.)

Billard anglais (jouer au)

(Fustier, 1889) : Pratiquer l’onanisme.

(France, 1907) : Se livrer aux jeux de Vénus. On dit couramment : « Au billard anglais, les billes poussent la queue. »

Capote anglaise

(Rigaud, 1881) : Pour les voyageuses via Cythère, c’est un préservatif contre le mal de mer ; pour les voyageurs, c’est une sorte de ceinture de sauvetage. — Les Italiens ont donné à ce petit appareil le nom d’un de leurs meilleurs auteurs comiques ; ils l’ont nommé goldoni. Peut-être l’auteur du Bourru bienfaisant passait-il pour un homme de précaution ?

Pisser à l’anglaise

(Delvau, 1867) : v. n. Disparaître sournoisement au moment décisif.

(Virmaître, 1894) : S’en aller subrepticement sans payer son écot. Pisser à l’anglaise : quitter un salon sans saluer les maîtres de la maison pour ne pas jeter le trouble dans la réunion… ou parce que l’on s’embête à quarante francs par tête (Argot du peuple).

Redingote anglaise

(Delvau, 1864) : Préservatif contre la vérole, (V. Capote, Ruban.)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique