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Attrape-science

s. m. Apprenti, — dans l’argot des typographes.

Attrape-science

s. m. Nom ironique par lequel les ouvriers désignent quelquefois un apprenti compositeur. L’attrape-science est l’embryon du typographe ; la métamorphose demande trois à quatre ans pour s’accomplir ; vers seize ou dix-sept ans, la chrysalide est devenue papillon, et le gamin s’est fait ouvrier. À l’atelier, il a une certaine importance : c’est le factotum des compositeurs ; il va chercher le tabac et fait passer clandestinement la chopine ou le litre qui sera bu derrière un rang par quelque compagnon altéré. Il va chez les auteurs porter les épreuves et fait, en général, plus de courses que de pâté. Quand il a le temps, on lui fait ranger les interlignes ou trier quelque vieille fonte ; ou bien encore il est employé à tenir la copie au correcteur en première, besogne pour laquelle il montre d’ordinaire une grande répugnance. Parfois victime des sortes de l’atelier, il en est aussi le complice ou le metteur en œuvre. Il nous revient en mémoire une anecdote dont le héros fut un apprenti. Ses parents habitant dans un faubourg, notre aspirant Gutenberg apportait à l’atelier sa fripe quotidienne, dont faisait souvent partie une belle pomme. Le gaillard, qui était un gourmet, avait soin de la faire cuire en la plaçant sur un coin du poële. Mais plus d’une fois, hélas ! avant d’être cuite, la pomme avait disparu, et notre apprenti faisait retentir les échos de ses plaintes amères : « Ma pomme ! on a chipé ma pomme ! » La chose s’étant renouvelée plus souvent que de raison, l’enfant s’avisa d’un moyen pour découvrir le voleur. Un beau jour, il apporta une maîtresse pomme qu’il mit cuire sur le poêle. Comme le gamin s’y attendait, elle disparut. Au moment où il criait à tue-tête : « On a chipé ma pomme ! » on vit un grand diable cracher avec dégoût ; ses longues moustaches blondes étaient enduites d’un liquide noirâtre et gluant, et il avait la bouche remplie de ce même liquide. C’était le chipeur qui se trouvait pris à une ruse de l’apprenti : celui-ci avait creusé l’intérieur de sa pomme et avait adroitement substitué à la partie enlevée un amalgame de colle de pâte, d’encre d’imprimerie, etc. L’amateur de pommes, devenu la risée de l’atelier, dut abandonner la place, et jamais sans doute il ne s’est frotté depuis à l’attrape-science. Certains apprentis, vrais gamins de Paris, sont pétris de ruses et féconds en ressources. L’un d’eux, pour garder sa banque (car l’attrape-science reçoit une banque qui varie entre 1 franc et 10 francs par quinzaine), employa un moyen très blâmable à coup sûr, mais vraiment audacieux. Il avait eu beau prétendre qu’il ne gagnait rien, inventer chaque semaine de nouveaux trucs, feindre de nouveaux accidents, énumérer les nombreuses espaces fines qu’il avait cassées, les formes qu’il avait mises en pâte, rien n’avait réussi : la mère avait fait la sourde oreille, et refusait de le nourrir plus longtemps s’il ne rapportait son argent à la maison. Comment s’y prendre pour dîner et ne rien donner ? Un jour d’été qu’il passait sur le pont Neuf, une idée lumineuse surgit dans son esprit : il grimpe sur le parapet, puis se laisse choir comme par accident au beau milieu du fleuve, qui se referme sur lui. Les badauds accourent, un bateau se détache de la rive et le gamin est repêché. Comme il ne donne pas signe de vie, on le déshabille, on le frictionne, et, quand il a repris ses sens, on le reconduit chez sa mère, à laquelle il laisse entendre que, de désespoir, il s’est jeté à l’eau. La brave femme ajouta foi au récit de son enfant, et jamais plus ne lui parla de banque. Le drôle avait spéculé sur la tendresse maternelle : il nageait comme un poisson et avait trompé par sa noyade simulée les badauds, ses sauveurs et sa mère. — Nous retrouverons cet attrape-science grandi et moribond à l’article LAPIN. À l’Imprimerie nationale, les apprentis sont désignés sous le nom d’élèves. Il en est de même dans quelques grandes maisons de la ville.

Attrape-Science

Apprenti cordonnier. Pour laver la tête à l’apprenti, les ouvriers la lui plongent plus d’une fois dans le baquet de science, le baquet où trempent les cuirs.

Baquet de science

s. m. Baquet où le cordonnier met sa poix et les autres ingrédients de son métier. Argot du peuple.

Baquet de science

Baquet dont se servent les cordonniers, les forgerons.

Si tu ne veux pas marcher mieux que ça, je te f… dans le baquet de science.

(Le Sublime.)

Conscience

s. f. Travail spécial, fait à la journée au heu de l’être aux pièces. Argot des typographes. Être en conscience, ou à la conscience. Travailler à la journée.

Conscience

s. f. L’ensemble des ouvriers qui travaillent à la journée ou à l’heure, par opposition à ceux qui travaillent aux pièces.

Conscience

Ventre, estomac. Se mettre un verre de vin sur la conscience, ingurgiter un verre de vin.

Puis quand il eut mis sur sa conscience un broc de vin blanc.

(Le Roux, Dict. comique.)

Conscience

Travail à la journée, en terme de typographe. — L’atelier des typographes payés à la journée. Homme de conscience, typographe payé à la journée.

Dos (scier le)

Importuner. V. Scier.

Moi, ça me scie le dos.

Rétif, 1782.

Dos (scier le)

Ennuyer. — En avoir plein le dos, manière d’exprimer son mécontentement, lorsque quelqu’un ou quelque chose vous ennuie énormément.

Gicler, giscier

Jaillir, couler en jet. Cracher en jet.

Puits de science

s. m. Homme profond par son savoir — ou par ses apparences de savoir.

Scie

Tourment, mystification répétée d’autant plus de fois qu’elle paraît agacer l’auditeur. — Allusion à la scie qui revient toujours en grinçant sur elle-même.

Les femmes, c’est la scie pour les domestiques.

Ricard.

Les scies les plus farouches l’avaient trouvé inébranlable.

Murger.

Scie

s. f. Ennui, contre-temps fâcheux.

Scie

s. f. Femme légitime. Porter sa scie. Se promener avec sa femme au bras.

Scie

s. f. Mystification, plaisanterie agaçante, — dans l’argot des artistes. Le chef-d’œuvre du genre, c’est :

Il était quatre jeunes gens du quartier,
Eh ! eh ! eh ! eh ! Ils étaient tous les six malades,
Ade ! ade ! ade ! ade ! On les mit tous sept dans un lit,
Hi ! hi ! hi f hi ! Ils demandèrent du bouillon,
On ! on ! on ! on ! Qui n’était ni salé ni bon,
On ! on ! on ! on ! C’est l’ordinair’ de la maison,
On ! on ! on ! on ! Ça commence à vous embêter,
Eh ! eh ! eh ! eh ! Et bien je vais recommencer,
Eh ! eh ! eh ! eh !

Et l’on recommence en effet jusqu’à ce que l’importun que l’on scie ainsi comprenne et s’en aille. Faire ou Monter une scie. Imaginer une mystification contre quelqu’un.

Scie

Ennui profond causé par un travail monotone, par un travail fait à contre-cœur. — Rengaine agaçante. — Monter une scie, faire des scies. Lucrèce a dit : Serrœ stridentis acerbus horror.

Scie

Femme légitime. Quand un ouvrier menuisier porte sa scie, les voyous lui disent :
— Tu trimballes la légitime.
Scier quelqu’un : l’ennuyer, le raser (Argot du peuple).

Scié

s. f. Mystification ; plaisanterie agaçante. N’est pas particulier au langage des typographes. On appelait autrefois scie, dit Vinçard, ce qui sert à disposer les garnitures.

Scier

v. a. Importuner, obséder sans relâche. On dit aussi Scier le dos.

Scier

Ennuyer, fatiguer.

Scier du bois

v. a. Jouer du violon ou de la contrebasse, — dans l’argot des faubouriens.

Scier du bois

Jouer du violon, jouer du violoncelle.

Scier son armoire

Quand le contrebassiste, dans un orchestre, fait sa partie, les voyous disent :
— Il scie son armoire.
Allusion de forme (Argot du peuple). N.

Scier, scier le dos

Tourmenter.

Pourquoi boire ? — Pour s’étourdir, pour oublier ce qui vous scie.

E. Sue.

Laisse-moi, Cadet, tu me scies.

Rousseliana, 1805.

Scier, scier le dos

Ennuyer. — Fatiguer par des vexations, des bavardages.

Scieur de bois

s. m. Violonniste ou contrebassiste.

Scieur de bois

Violoniste.


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