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Baron de la grasse

Individu malpropre, sale, puant, dégoûtant, ne se débarbouillant, suivant une vieille expression, que lorsqu’il pleut (Argot du peuple).

Bougie grasse

s. f. Chandelle. Même argot [des faubouriens].

Cataplasme au gras

s. m. Épinards, — dans l’argot des faubouriens.

Cause grasse

Cause amusante à plaider et à entendre plaider, — dans l’argot des avocats, héritiers des clercs de la Basoche. Le chef-d’œuvre du genre est l’affaire du sieur Gaudon contre Ramponneau, Me Arouet de Voltaire plaidant — la plume à la main.

Con gras

Mal nettoyé, encore enduit de beurre masculin, ou naturellement adipeux, — de sorte que le membre qui s’y introduit est tout étonné d’y faire flic-flac.

On ne se lave bien qu’au bordel ! Des ingrats
Peuvent seuls à ton con préférer un con gras.

Albert Glatigny.

Eaux grasses

Gradé, personnage important (en dérision).

Eaux grasses (être dans les)

Occuper une haute situation dans une administration.

Employé dans les eaux grasses

Employé des ordinaires et tout autre comptable qu’on semble ainsi accuser de pécher en eau trouble.

Faire la grasse matinée

v. a. Rester longtemps au lit à dormir ou à rêvasser, — dans l’argot des bourgeois, à qui leurs moyens permettent ce luxe.

Faire ses choux gras de quelque chose

En faire ses délices, s’en arranger, — dans l’argot des bourgeois.

Gras

adj. Gaillard, grivois, et même obscène, — dans l’argot des bourgeois. Parler gras. Dire des choses destinées à effaroucher les oreilles.

Gras

s. m. Profit, — dans l’argot des faubouriens. Il y a gras. Il y a de l’argent à gagner. Il n’y a pas gras. Il n’y a rien à faire là-dedans.

Gras

s. m. Réprimande, correction, — dans l’argot des voyous. C’est le suif des faubouriens.

Gras

s. m. Réprimande. Recevoir un gras. Recevoir des reproches de la part du patron, du prote ou du metteur en pages, pour un manquement quelconque. On dit encore dans le même sens savon et suif. L’analogie est visible entre cette dernière expression et gras. Les Allemands emploient un autre terme : Recevoir son hareng hæhring.

Gras

Semonce, réprimande, — dans le jargon des ouvriers. C’est un frère qu’on a donné au suif et au savon pris dans le même sens. Attraper un gras du contre-coup en aboulant à la boite, recevoir des réprimandes du contre-maître en arrivant à l’atelier.

Gras

Latrines. (Richepin.)

Gras

Argent. Latrines. Avoir son gras, être tué.

Gras

Beaucoup. Voilà tout ce qui me revient sur mon mois d’appointements, il n’y a pas gras.

J’ai trouve un porte-monnaie où il y avait gras.

Gras (avoir son)

Être tué. (L. Larchey)

Gras (il y a)

Voir Graisse, Train.

Faire tant d’embarras, Quand dans le gousset y n’i a pas gras.

Metay, Chansons.

Gras (il y a)

Il y a de l’argent.

M. Vervelle présentait un diamant de mille écus à sa chemise. Fougères regarda Magus et dit : — Il y a gras !

(Balzac.)

Gras (il y a)

Il y a beaucoup d’argent.
— Nous pouvons nettoyer le gonce, il y a gras dans sa cambrousse.
C’est de cette expression, gras, qu’est née celle de dégraisseur (le garçon de banque), pour exprimer qu’il enlève le gras (Argot des voleurs). N.

Gras (parler)

Tenir des propos grivois (1808, d’Hautel).

Gras (recevoir un)

Recevoir des reproches, des réprimandes.

Gras à lard

s. et adj. Homme chargé d’embonpoint, — dans l’argot du peuple.

Gras double

Plomb.

Gras double

Plomb (Argot des voleurs). V. Limousinier.

Gras double

Plomb.

Gras-bœuf

La soupe et le bœuf, l’ordinaire de l’École Polytechnique, — dans le jargon des élèves de cette école.

Gras-double

Feuille de plomb (Vidocq). — Allusion à la facilité avec laquelle on la roule. — Gras-doublier : Voleur de plomb. C’est sur les toits qu’il exerce ordinairement. V. Limousineur.

Gras-double

s. m. Plomb volé et roulé, — par allusion à la ressemblance qu’il offre ainsi avec les tripes qu’on voit à la devanture des marchands d’abats. Les voleurs anglais, eux, disent moos, trouvant sans doute au plomb une ressemblance avec la mousse.

Gras-double

s. m. Gorge trop plantureuse, — dans l’argot des faubouriens. L’analogie, pour être assez exacte, n’est pas trop révérencieuse ; en tout cas elle est consacrée par une comédie de Desforges, connue de tout le monde, le Sourd ou l’Auberge pleine : « Je ne voudrais pas payer madame Legras — double ! » dit Dasnières en parlant de l’aubergiste, femme aux robustes appas. Castigat ridendo mores, le théâtre ! C’est pour cela que les plaisanteries obscènes nous viennent de lui.

Gras-double

Feuille de plomb, — dans le jargon des voleurs.

Gras-double

Seins aussi vastes que fugitifs, — dans le jargon des voyous.

Gras-double

Plomb en feuille volé sur les toits. Le voleur l’enroule autour de lui.

Gras-double

Plomb.

Gras-double (déjeuner du)

Déjeuner de charcuterie institué le vendredi-saint par les libres-penseurs, ou mieux panseurs, qui regrettent qu’il n’y ait pas de gras-triple, pour mieux protester.

Gras-doublier

s. m. Plombier, — dans l’argot des voleurs.

Gras-doublier

Voleur de plomb.

Grashou

Charcutier.

Grasse

Coffre-fort, — dans le jargon des voleurs. Esquinter, estourbir la grasse, forcer un coffre-fort.

Grasse

Coffre-fort.

Mots gras

s. m. pl. Gaillardises, — dans l’argot des bourgeois, dont le langage est taché de ces mots-là.

Parler gras

Tenir des propos gaillards ; appeler les choses par leur véritable nom, et non par les ridicules périphrases dont les habille la pudeur de mauvais aloi des bourgeois et des bégueules.

Pièce grasse

Sobriquet des cuisiniers en pied qui sont loin de briller par la propreté. La pièce grasse, proprement dite, est un morceau d’étoffe, imbibé d’huile et servant à l’entretien du flingot.

Pièce grasse

Argot militaire. Cuisinier.

Quartier gras

Quartier d’un bon rapport pour les chiffonniers. — Quartier maigre, quartier qui rapporte peu à la hotte, — dans le jargon des chiffonniers.


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