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Agacer le sous-préfet

Se masturber. — L’expression est tout à fait moderne, et fréquemment employée, quoique d’une étymologie difficile.

Aller au pré

Condamné au bagne.

Apprenti

s. m. Premier grade de la maçonnerie symbolique.

Apprentif

s. m. Jeune garçon qui apprend un métier, — dans l’argot du peuple, fidèle à l’étymologie (Apprehendivus) et à la tradition : « Aprentif jugleor et escrivain marri, » dit le Roman de Berte.

Après la panse, vient la danse

Vieux proverbe : Après la mangeaille, la fouterie.

Pour se mettre en humeur, il faut emplir la panse ;
Sans Cérès et Bacchus, Vénus est sans pouvoir ;
Un ventre bien guédé est plus prompt au devoir :
Après la panse, aussi, ce dit-on, vient la danse.

(Proverbes d’amour.)

Avoir une belle presse

Être complimenté par tous les journaux.

Madame est en train de lire ses journaux… Madame, à ce qu’il paraît, n’a jamais eu une si belle presse !

(De Goncourt : La Faustin.)

Bain (prendre un)

Boire beaucoup, — dans le jargon des ivrognes. C’est un amarre que j’attends pour aller prendre un bain. Nous avons pris un fameux bain.

Barbe (en prendre une)

Se pocharder. Dans les imprimeries quand un camarade a pris une barbe, on dit aussi qu’il était chargé à cul. Allusion au cheval qui ne peut pas avancer quand sa charge est trop lourde (Argot d’imprimerie).

Barbe (prendre la)

S’enivrer.

La Saint-Jean d’hiver, la Saint-Jean d’été, la Saint-Jean-Porte-Latine, le moment qui commence les veillées, celui qui les voit finir, sont autant d’époques où (pour les compositeurs d’imprimerie) il est indispensable de prendre là barbe.

Ladimir.

Bon premier

Argot de courses. Un cheval arrive bon premier quand il a fourni la course bien avant ses concurrents. Il est bon dernier quand il arrive non seulement le dernier, mais encore avec un retard considérable sur les autres chevaux.

Bonne (prendre à la)

Prendre en bonne amitié. — Être à la bonne : Être aimé.

Je ne rembroque que tézigue, et si tu ne me prends à la bonne, tu m’allumeras bientôt caner.

Vidocq.

Bouchon (prendre, remporter un)

Échec (ramasser un) tomber.

Branlotter le prépuce

Ôter et remettre le petit chapeau de chair qui le protège et le rend si tendre au moindre contact.

Te souviens-tu de ta sœur Luce
Qui me branlottai le prépuce ?

(Parnasse satyrique.)

Café (prendre son)

S’amuser aux dépens de quelqu’un. — Fort de café, très fort, peu supportable. Misérable jeu de mots comme on en commettait tant, il y a quelques années ; de la même famille que : « Elle est bonne d’enfants », pour dire qu’une chose est amusante. Fort de café est pour fort eu café, trop chargé en café, expression empruntée aux amateurs de café au lait.

Calèche du Préfet

Le panier à salade qui transporte les voleurs des postes de police au Dépôt de la préfecture (Argot des voleurs).

Câpre

Chèvre. — Câpres, crottes de chèvre.

Chapelle (préparer sa petite)

Ranger dans le sac tous les objets d’équipement, — dans le jargon des troupiers.

Chèvre (prendre la, gober la)

Être en colère. Vieille expression remise dans la circulation par les typographes et que l’on rencontre déjà dans Régnier.

Et n’est Job, de despit, qui n’en eust pris la chèvre.

(Sat. X.)

Chien coiffé (s’éprendre du premier)

S’éprendre de la première femme venue. On disait autrefois pour exprimer la même idée : Cet homme aimerait une chèvre coiffée. (Le Roux, Dict. comique.)

Comprendre (la)

Voler. Mot à mot : comprendre la vie de voleur.

Comprendre (la)

Voler.

Courrier de la préfecture

Voiture cellulaire.

Croire le premier moutardier du pape (se)

Se donner des airs d’importance, faire le suffisant, l’entendu, — dans l’argot du peuple, qui a ouï parler du cas que les papes, notamment Clément VII, faisaient de leurs fabricants de moutarde, justement enorgueillis.

Cuite (en prendre une)

Se saouler royalement (Argot du peuple). V. Culotte.

Culotte (en prendre une)

Être abominablement pochard. On dit également : il est cuit, il a trop chauffé le four (Argot du peuple).

Culotte (prendre une)

v. S’enivrer. Avoir une culotte, Être ivre. Expression commune à d’autres argots. V. Poivreau.

Culotte (prendre une)

Perdre une grosse somme au jeu (Argot des joueurs).

Derrière le premier (se lever le)

Se lever de mauvaise humeur. — Être de mauvaise humeur dès le matin.

Diable en prendrait les armes ! (le)

Expression de l’argot du peuple, qui l’emploie pour renforcer une menace, pour donner plus de poids à un ultimatum. Se dit aussi à propos d’un grand vacarme « où l’on n’entendrait pas Dieu tonner ». Quand on n’entend pas Dieu tonner, c’est qu’en effet le « diable en a pris les armes ».

Diable en prendrait les armes (que le)

Exorbitant. Dire, faire une chose étonnante, tenir un propos tellement extravagant, donner de telles preuves de courage… en paroles, que le diable, effrayé, en prendrait les armes, s’il les entendait.

École préparatoire

Prison.

Enterrement de première classe

Critique empreinte d’un faux attendrissement. Elle procure en moyenne cent cinquante lignes de copie à son auteur et le plaisir de conduire une œuvre — le plus souvent l’œuvre d’un ami — à sa dernière demeure, l’oubli éternel.

Epprener

Appeler quelqu’un. L’anseignot vient d’éprener bancalo pour aller au rastue (greffe) (Argot des voleurs). N.

Epprener

Appeler.

Épreuve

s. f. Première feuille imprimée destinée aux correcteurs ou aux auteurs, pour qu’ils y indiquent les fautes commises par les compositeurs. On distingue l’épreuve en première, la première d’auteur, le bon, la tierce et la revision.

Être près de ses pièces

N’avoir pas d’argent ou en avoir peu. Argot du peuple.

Être prêt

Bander suffisamment pour faire le voyage à Cythère.

A quoi bon, puisque tu n’es pas prêt ! — Oh ! tes caresses vont me ranimer !

Lemercier de Neuville.

Fil (prendre un)

Prendre un verre d’eau-de-vie. Mot à mot : un verre de fil-en-quatre.

Grand pré

Le bagne.

Grand pré (le)

Bagne. Les voleurs, autrefois, appelaient ainsi Toulon et Brest ; depuis ils disent la Nouvelle (Argot des voleurs).

Grève (prendre un ouvrier à la)

Prendre le premier venu.

Impressionnisme

École de peinture ultra-réaliste qui, sans nul souci du dessin et de la composition, prétend produire des impressions, et ne produit que de mauvaises impressions sur le public.

Impressionniste

Peintre ultra-réaliste. Les impressionnistes ou impressionnalistes ne peignent que l’impression. Ils jettent quelques tons sur la toile sans s’occuper ni de l’harmonie des couleurs, ni du dessin, ni du reste. Leurs œuvres ressemblent à des esquisses informes. C’est l’indication, ce n’est pas le tableau.

Chose singulière ! Duranty qui tient à ce qu’on a appelé, depuis Champfleury, l’école du réalisme, ne comprend pas toujours la peinture de Manet. Faut-il en conclure que, malgré ce qu’on pourrait penser, réalistes et impressionnistes ne regardent pas avec les mêmes yeux ?

(Maxime Rude.)

Inexpressible

Pantalon.

Au sortir des bancs du collège, où nous avions usé, tous deux, pendant huit mortelles années, ce que la pruderie anglaise exprime par inexpressible.

Mornand.

Inexpressible

s. m. Pantalon, — dans l’argot des Anglaises pudiques, qui est devenu celui des gouailleurs parisiens.

L’absinthe ne vaut rien après déjeuner

Locution peu usitée, que l’on peut traduire : Il est désagréable, en revenant de prendre son repas, de trouver sur sa casse de la correction à exécuter. Dans cette locution, on joue sur l’absinthe, considérée comme breuvage et comme plante. La plante possède une saveur amère. Avec quelle amertume le compagnon restauré, bien dispos, se voit obligé de se coller sur le marbre pour faire un travail non payé, au moment où il se proposait de pomper avec acharnement. Déjà, comme Perrette, il avait escompté cet après-dîner productif.

Lancier du préfet

s. m. Balayeur, — dans l’argot des faubouriens.

Lancier du préfet

Balayeur. Allusion au long manche du balai qui ressemble à celui de la lance des lanciers (Argot du peuple).

Limonade de Linspré

Champagne, — dans le jargon des voleurs. C’est mot à mot : limonade de prince.

Linspré

s. m. Prince, — dans l’argot des voleurs, qui cultivent l’anagramme comme le grand Condé les œillets.

Linspré

Prince, — dans le jargon des voleurs. — Mot retourné.

Linspré

Prince.

Linspre ou l’insapré

C’est plutôt cette dernière expression qui est la vraie, car elle signifie inspecteur et non prince (Argot des bouchers).

Manger son pain blanc le premier

v. a. De deux choses faire d’abord la plus aisée ; s’amuser avant de travailler, au lieu de s’amuser après avoir travaillé. Cette expression, — de l’argot du peuple, signifie aussi : Se donner du bon temps dans sa jeunesse et vivre misérablement dans sa vieillesse.

Marie-mange-mon-prêt

Argot militaire. Maîtresse du soldat.

Mettre sous presse

v. a. Mettre en gage.

Moutarde après dîner

Trop tard, chose inutile, qui n’est pas venue au moment opportun.

Moutardier du pape (premier)

Sot orgueilleux.

Nez (prendre dans le)

Réprimander, faire des observations ; variante de moucher. — Se faire prendre dans le nez, s’attirer des observations.

Numéro un, premier numéro

Premier par ordre de mérite.

C’est de la folie à l’état de numéro un.

Janin.

Une lanterne premier numéro et d’un tel reflet qu’on dirait un phare.

Deslys.

Oncle du prêt (mon)

Mont-de-Piété, — dans le jargon des ouvriers qui sont fatigués d’appeler « ma tante, ma tante Dumont » cet établissement philanthropique à onze pour cent.

Pain sur la fournée (prendre un)

Prendre des arrhes sur le mariage.

Parterre (prendre un billet de)

Tomber. — Calembour.

Pistache (prendre une)

Se griser. — On dit aussi, suivant le degré de l’ivresse : prendre une biture, une muffée, une cuite.

Plat d’affiches (prendre un)

Ne pas avoir de quoi déjeuner, — dans le jargon des ouvriers. À l’heure du déjeuner, celui qui n’a ni argent, ni crédit, flâne comme une âme en peine et fait des stations devant les affiches des théâtres.

Poudre d’escampette (prendre la)

Décamper. — Jadis, on disait escamper pour décamper.

Pré

Bagne.

Pré

Bagne.

Pré

Galères. Être au pré : aller aux galères.

Pré

s. m. Bagne, — dans l’argot des voleurs. On dit aussi le Grand pré. Aller au pré. Être condamné aux travaux forcés. On dit aussi : Aller faucher au pré.

Pré (le)

Le bagne. Faucher le pré, être au bagne.

Pré (le)

Le bagne.

Pré (le)

Le bagne.

Pré au dab court toujours

Prison de Mazas (Argot des voleurs).

Pré salé

La mer, — dans le jargon des voleurs.


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